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La recherche Sophy est présentée dans le cadre du 5ème colloque de l'Association Française de Sociologie

Date(s)

du 2 septembre 2013 au 5 septembre 2013

Nantes

"Changements de pratiques, recomposition des savoirs et hiérarchisation dans les métiers de l'agriculture", une intervention de C. Assegond, E. Durand et F. Sitnikoff

Après la seconde guerre mondiale le secteur de l’agriculture a connu un important mouvement de rationalisation, qui a engagé les agriculteurs dans un modèle productiviste légitimé par une mission : nourrir la population. Promu par les pouvoirs publics, ce processus de modernisation s’est accompagné d’un renforcement de l’encadrement institutionnel qui, à travers les nombreuses structures politiques, techniques et économiques, se décline à différentes échelles sur l’ensemble du territoire français.

L’importance de la représentation syndicale dans ces organismes de développement économique et technique, dans les dispositifs de formation, initiale et continue, dans les instances de mise en œuvre des politiques publiques, a contribué à la reconnaissance et à la légitimation de l’activité agricole, en tant que métier caractérisé par des savoirs et des conditions d’exercice spécifiques. On assiste alors à une relative homogénéisation des pratiques culturales, mais aussi à la domination, politique, économique et symbolique, de la fraction des agriculteurs la plus conforme au modèle légitimé par les institutions.

Ce secteur se trouve aujourd'hui dans un contexte de fortes injonctions au changement, liées notamment à la mise en œuvre des politiques environnementales. Les agriculteurs sont désormais investis d'une double mission, potentiellement contradictoire : nourrir la planète et préserver la biodiversité. Le modèle productiviste antérieur se trouve contesté tant par les institutions, que part les agriculteurs eux-mêmes. Les premières tentent désormais de promouvoir un nouveau modèle « d’agriculture durable », dont la définition reste floue, mais dans lequel la vision technocratique de production / diffusion des savoirs reste dominante. Les seconds voient une opportunité de sortir du « système » et / ou de renégocier un nouveau statut au sein de ce dernier.

Ainsi, on assiste à une diversification des pratiques culturales qui s’inscrivent dans trois modèles conventionnel / raisonné / alternatif, dont la légitimité est au cœur des enjeux de reconnaissance sociale et institutionnelle des agriculteurs. L’apparente unité du groupe professionnel laisse place à l’émergence de sous-groupes qui, jouant du cadre institutionnel, tentent de se réapproprier le métier.

Dans ce contexte de recomposition du secteur de l’agriculture et de contestation d’un modèle soutenu par le sous-groupe dominant, la communication propose, en partant de l’analyse des pratiques professionnelles des agriculteurs, d’observer la manière dont ces derniers négocient les nouvelles hiérarchisations à l’œuvre au sein de la profession.

Nous nous appuyons sur une recherche qualitative en cours (entretiens approfondis et observations filmées) financée par la Région Centre, portant sur les pratiques professionnelles d’agriculteurs de différentes filières : grandes cultures, maraîchage, viticulture, arboriculture et horticulture.

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