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Etics est intervenu dans le cadre du Colloque " Usages de l'Energie dans les bâtiments : penser la transition". LATTS/ Ecole des Ponts - ParisTech

Date(s)

du 19 janvier 2012 au 20 janvier 2012

ESIEE Paris, Cité Descartes, Noisy-le-Grand.

Une intervention de Christèle Assegond et Jean-Philippe Fouquet : "Energie et bâtiments à usage professionnel : comportements, perceptions et appropriation des espaces de travail".

L’approche sciences humaines et sociales est de plus en plus présente sur la thématique de l’énergie. Les recherches –réalisées ou en cours- contribuent à la constitution d’une connaissance importante, même si les problématiques demeurent encore loin d’avoir toutes été explorées. Le secteur résidentiel concentre la très grande majorité des productions. Le tertiaire, et plus globalement les bâtiments à usage professionnel sont peu investis comme champs de recherche. A l’exception de quelques recherches emblématiques mais aux résultats encore inconnus (la Tour Elithis à Dijon), nous ne disposons d’aucunes données tangibles.

L'intervention a porté sur les résultats de trois recherches menées au sein de bâtiments à usage professionnel, dans des contextes distincts, à partir de méthodologies et avec des objectifs distincts :

Un 1er terrain au sein du siège d’un groupe international comptant parmi les leaders des systèmes et installations électriques, avec une forte sensibilisation aux enjeux énergétiques, siège très hétérogène du point de vue des bâtiments (du très moderne, bien isolé au plus vétuste, très énergivore).
Un 2ème terrain au sein d’une entreprise spécialisée dans le conditionnement de produits pharmaceutiques, entreprise constituée de nombreux bâtiments très « inégaux » sur le plan énergétique, avec une sensibilisation aux enjeux énergétiques quasi-existante.
Un 3ème terrain au sein d’une PME spécialisée dans la domotique et le CPL qui a fait de son siège une vitrine de son métier : la régulation thermique et la maîtrise énergétique…

La mise en perspective de ces recherches a permis de mettre à jour trois grandes catégories de résultats :

1/ la sensibilisation sur les questions énergétiques est très hétérogène entre sphère professionnelle et sphère privée, et ce pour un même agent. Hétérogénéité que n’explique pas seul le levier économique. Les conditions de l’implication, la marge pour agir ou encore le but des mesures prises étant au centre des questionnements. La logique économique dominante au sein de la sphère professionnelle se heurtant à une logique affective, de responsabilité et d’éducation présente au sein de la sphère privée.

2/ la thématique de l’énergie interroge les organisations du travail et les relations hiérarchiques. Les « mieux logés » (souvent les postes d’encadrement) peuvent plus facilement atteindre les niveaux de performance énergétique exigés / souhaités (et édités par eux-mêmes). Les oppositions, voire les interrogations, se construisent autour des enjeux liés à la maîtrise des espaces (espaces de travail, informels, de relégation, sociaux…). Les logiques organisationnelles et la fluidité des relations sociales se trouvent directement affectées.

3/ les leviers mobilisables ne peuvent être limités aux seules solutions techniques et économiques. Le rôle de la technique dans la régulation et la maîtrise énergétique ne peut suffire à lui seul pour induire des changements de comportements pérennes. De même, le rôle des incitations, financières notamment, ne constitue pas un élément déclencheur et exclusif.

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