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En lien avec la recherche DevenirActifIci, Céline Dagot et Véronique Dassié interviennent dans le cadre du 5ème colloque de l'Association Française de Sociologie

Date(s)

du 2 septembre 2013 au 5 septembre 2013

Nantes

"Ma jeunesse : une invisibilisation des inégalités ? Parcours biographiques et formation professionnelle."

Des travaux récents sur la formation des jeunes ont mis en évidence le caractère multifactoriel des processus de scolarité (Glasman et Oeuvrard 2004 ; Esterle-Hedibel 2006 ; Trottier 2000). Notre objectif était d’analyser comment des facteurs extérieurs interviennent dans un parcours individuel. Notre questionnement s’est donc orienté sur les relations entre la formation professionnelle et le sens que les jeunes lui donnent, sachant que «certaines contraintes, ressources, visions du monde et représentations culturelles sont actives dans les logiques de choix et de cheminement» des individus (Bidart 2005). Aujourd’hui la détention d’un diplôme est devenue une norme sociale, suscitant diverses questions : comment ces jeunes inscrits dans une formation initiale professionnelle appréhendent-ils ces impératifs ? Comment leur entrée dans ces formations est-elle consentie, négociée, voire rejetée ? Leur orientation est-elle le fruit d’un cheminement ou au contraire l’empreinte du système scolaire ?

Les entretiens sont venus remettre en cause notre questionnement initial. En effet, la linéarisation du parcours biographique ne va pas de soi chez les jeunes que nous avons rencontrés. Cela nous a permis d’envisager un rapport différencié à l’identité en référence aux notions d’« ipséité » et de « mêmeté » repérées par Paul Ricoeur (1990). Nous pouvons ainsi entrevoir deux formes de rapport au biographique : la première, amène à se penser au présent et rend difficile la réflexivité. La seconde, révèle au contraire une propension à objectiver des contraintes et à tenir son propre destin en main. De plus, la plupart des jeunes n’établissent pas de lien entre leur environnement, social ou familial, et leur implication dans une formation professionnelle. Peu expriment un sentiment d’injustice. Dans le sillage des réflexions d’Axel Honneth (2008) ne peut-on pas envisager cette intériorisation par le sujet de sa propre invisibilité comme une force de coercition sociale ? 

La communication s’articulera  en deux temps. Nous présenterons tout d’abord la manière dont les jeunes considèrent leur parcours. Nous verrons ensuite que le sentiment d’injustice relève plus de l’anecdotique ou du discours convenu que d’une remise en question des institutions. C’est donc toute la question de la mise en jeu de la mémoire dans la construction d’un récit (Candau 1998) face à l’impératif d’« être soi » (Ehrenberg 1995) mais aussi de « se » construire qui seront ici questionnés.